Une explosion a fortement endommagé lun gazoduc ukrainien acheminant du gaz russe vers l’Union européenne sans toutefois perturber l’approvisionnement des pays de l’UE, ont assuré les compagnies gazières russe et ukrainienne.
Le tracé de ce gazoduc traverse l’Ukraine sur 1.160 kilomètres.
L’explosion a arraché une partie du conduit, longue d’une trentaine de mètres et d’un diamètre de 1,4 mètre, et l’a projetée à quelque 150 mètres du gazoduc. Le gazoduc endommagé n’était rempli que partiellement, en raison d’une baisse saisonnière de la consommation.
Le feu qui s’est déclaré sur place a été éteint en une demi-heure.
Le conduit déformé, des arbres et la terre brûlés, étaient visibles sur les lieux de l’accident. Il s’agit de l’incident le plus grave survenu ces dernières années. Les causes de l’explosion n’étant pas connues dans l’immédiat. Mais les responsables du gazoduc ont jugé peu probable la possibilité d’un acte criminel.
Si le ministère ukrainien des Situations d’urgence que les livraisons de gaz russe vers l’UE par ce gazoduc avaient été interrompues après l’explosion, le géant gazier russe Gazprom et l’ukrainien Naftogaz ont assuré que l’approvisionnement des Européens n’était aucunement menacé. Les engagements de l’Ukraine concernant le transit de gaz naturel à des consommateurs européens sont totalement respectés.
"Gazprom remplit pleinement ses obligations en matière de livraisons de gaz aux consommateurs européens via l’Ukraine. Aucune limitation des livraisons de gaz aux consommateurs européens ne s’est produite", a renchéri le groupe russe, alors que 80% du gaz russe exporté dans l’UE transite par l’Ukraine.
Selon Naftogaz, les fournitures vers l’UE pouvaient être compensées via d’autres pipelines et grâce aux réservoirs souterrains situés dans l’ouest du pays, dans lesquels l’entreprise ukrainienne peut puiser.
Le transit de gaz a déjà été augmenté par les gazoducs Progress et Soyouz, qui passent également par le territoire ukrainien.
Pour l’heure, "aucune perturbation dans les livraisons de gaz" n’a été constaté en Pologne, selon Tomasz Fill, porte-parole du gazier polonais PGNiG.
Une commission officielle mise en pied en Ukraine s’est rendue sur les lieux de l’explosion pour étudier ses causes, a précisé Naftogaz.
Le transit du gaz russe vers l’Europe avait déjà été perturbé début 2006 par une "guerre du gaz" entre Kiev et Moscou. La Russie avait alors brièvement fermé des robinets vers l’Ukraine, qui refusait d’accepter plus que le quadruplement du prix de cet hydrocarbure.
La crise, qui avait perturbé l’approvisionnement de plusieurs pays, s’était soldée par une hausse de 37% du prix du gaz payé par Kiev.