M. Ianoukovitch vient d’être opéré d’un genou dans une clinique de Barcelone (nord-est de l’Espagne) et doit retourner dans son pays dans les jours qui viennent.
"La neutralité de nos partenaires stratégiques ne contribue pas à la résolution du conflit politique et ne fait qu’encourager le président dans ses actions illégales", a lancé M. Ianoukovitch, actuellement en visite privée en Espagne, dans un communiqué publié sur le site officiel du gouvernement.
Le ministère russe des Affaires étrangères a aussitôt réagi, affirmant que Moscou était "prêt à examiner" la proposition de médiation.
M. Ianoukovitch a dénoncé la décision du chef de l’Etat de limoger un des juges constitutionnels, affirmant que cette mesure "très dangereuse violait tous les accords" précédents entre les deux responsables en vue d’une résolution de la crise politique.
Le président et le Premier ministre se sont mis d’accord la semaine dernière sur l’organisation de législatives anticipées, un grand pas vers le règlement de la crise politique qui secoue le pays depuis la dissolution du Parlement prononcée début avril par le chef de l’Etat et contestée par la coalition gouvernementale.
Jeudi, le président Iouchtchenko s’était entretenu avec un groupe de travail composé des représentants des camps présidentiel et gouvernemental, censé préparer des documents nécessaires pour des législatives anticipées, un travail qui n’a toujours par été achevé.
Après deux heures de débats et d’accusations mutuelles entre les participants à la réunion, retransmise en direct à la télévision, M. Iouchtchenko a menacé de faire valider les décisions nécessaires pour le nouveau scrutin par le Conseil de sécurité nationale, contournant le Parlement.
"Si je continue à voir les mêmes résultats dans notre dialogue, je serai forcé d’organiser une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité pour prendre des décisions" sur les élections, a-t-il dit.
L’une des questions clés à régler reste la date des législatives, pour le moment fixée au 24 juin, mais qui devrait être reportée pour respecter les procédures nécessaires.
Le président et l’opposition pro-occidentale insistent pour fixer le scrutin fin juin ou début juillet, alors que la coalition pro-russe préfère le repousser à l’automne.
La Cour constitutionnelle, considérée initialement comme un arbitre dans la crise et qui devrait se prononcer sur la validité de la dissolution, a pour sa part dénoncé des pressions sur ses juges, mettant en cause implicitement tant le président que ses adversaires, dans un communiqué publié jeudi.