"Nous allons remettre l’oligarchie à sa place", a lancé Mme Timochenko, ajoutant qu’il s’agissait là de sa "première priorité".
"Il y a deux voies de développement pour le pays, celui du renforcement de l’oligarchie, dont Ianoukovitch est la créature" et celui d’un Etat "indépendant et démocratique", a-t-elle martelé. Elle a au passage comparé Viktor Ianoukovitch à une "marionnette" au service de groupes politico-financiers.
"Les oligarques ne vont plus diriger le pays, je le garantis en tant que future présidente", a ajouté la chef du gouvernement, elle-même ancien patron d’un puissant groupe énergétique et qui compte plusieurs d’hommes d’affaires richissimes dans son entourage.
Le Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko, l’un des favoris de l’élection présidentielle de dimanche, a promis jeudi de mettre au pas les "oligarques" et d’intégrer son pays à l’Union européenne en cinq ans lors d’une conférence de presse aux airs de meeting électoral.
Sa conférence de presse, censée tirer un trait sur son bilan à la tête du gouvernement, s’est de fait transformée en véritable meeting, au cours duquel elle a longuement déroulé ses "priorités" électorales, et mis l’accent sur ce qui la sépare de ses concurrents de dimanche.
Dans un deuxième temps, elle a recueilli par téléconférence les encouragements de chefs d’entreprises soigneusement mis en scène et parfois teintés de folklore local et répondu à leurs questions.
Si, sauf surprise majeure, Mme Timochenko semble assurée d’arriver deuxième dimanche, il lui faut combler au maximum le retard dont les sondages la créditent sur son rival pro-russe Viktor Ianoukovitch, si elle veut conserver une chance de l’emporter au second tour, le 7 février 2010.
Lors de son premier passage à la tête du gouvernement en 2005, ses projets de remettre en question les privatisations réalisées au profit des oligarques avait déjà rebuté bon nombre d’investisseurs.
Elle a en outre promis une intégration rapide de l’Ukraine dans l’Union européenne, bien que celle-ci n’ait en réalité encore offert aucune perspective d’adhésion à Kiev.
"L’Ukraine sera sans faute membre de l’UE", a-t-elle déclaré. "Je vais tout faire pour que l’Ukraine devienne membre de l’UE pendant ma présidence", a-t-elle ajouté, le mandat présidentiel étant de cinq ans.
Jouant sur ses talents d’oratrice, Ioulia Timochenko a qualifié de "poltron" son principal adversaire, pour ses refus répétés de l’affronter lors de débats télévisés.
"Soit il n’est pas honnête face peuple ou a des choses à cacher, soit il ne sait pas comment construire l’avenir de l’Ukraine et n’a pas l’intelligence pour en discuter", a-t-elle lancé.
Mardi son ancien allié et désomais adversaire, le président sortant Viktor Iouchtchenko, avait lui aussi transformé sa conférence de presse en exercice de propagande électorale. Avec moins de 4% d’intentions de vote, il n’a a priori aucune chance d’emporter un second mandat.