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Les conflits gaziers dans les ex-républiques soviétiques


En janvier 2006, l’Ukraine pro-occidentale avait été la première à se frotter à la détermination russe à faire payer au prix fort son abondant gaz.

Pour une Russie forte de ses hydrocarbures et de son retour d’influence sur la scène internationale, il n’y a plus d’amis et d’ennemis dans l’espace post-soviétique, mais des concurrents qu’elle veut dominer pour renforcer un empire énergétique que l’Europe commence à redouter.

- En janvier 2006, l’Ukraine pro-occidentale avait été la première à se frotter à la détermination russe à faire payer au prix fort son abondant gaz.

Après un long bras de fer et une courte rupture des livraisons, Kiev avait bien été obligé de voir sa facture passer à 130 dollars les 1.000 m3. Depuis, d’autres ex-républiques soviétiques ont dû s’incliner : la Moldavie tournée vers l’Europe paie désormais 160 dollars et l’Arménie pro-russe a vu sa facture doubler à 110 dollars. La coupure du gaz à l’Ukraine, qui avait perturbé l’approvisionnement de l’Europe, avait entraîné de vives critiques des médias occidentaux en 2006 accusant la Russie de se livrer à un "chantage énergétique". L’Occident n’a rien fait pour aider l’Ukraine et fera encore moins pour le Bélarus taxé de dernière dictature d’Europe par Washington.

- Le conflit gazier qui oppose la Russie au Bélarus, l’un de ses plus fidèles alliés ex-URSS, et qui refuse de se plier à la très forte hausse du prix du gaz réclamée par Gazprom, vient illustrer l’argument massue du Kremlin : Moscou se contente d’appliquer les principes de l’économie de marché prônés en Occident. Le Bélarus, lié à la Russie par un traité d’Union, est devant un ultimatum de Gazprom : accepter un passage de 46 dollars à 200 dollars ou à 105 en cédant au géant gazier russe 50% des parts dans son système de gazoducs Beltransgaz.

Avec une hausse des prix des hydrocarbures, le Bélarus perdra une part énorme de ses revenus, ce qui facilitera l’entrée des hommes d’affaires russes dans les sociétés bélarusses qu’ils convoitent, notamment les raffineries.

Moscou s’y prend mal sur la forme et un peu tard, mais a raison sur le fond. L’écart entre les prix du gaz aux consommateurs européens et ceux pour les ex-républiques soviétiques n’a cessé de croître ces cinq dernières années. Et ce pragmatisme tardif vaut à Moscou des problèmes politiques et en terme d’image.

La situation est différente avec le Bélarus qui a déjà menacé de se servir dans les livraisons de gaz destinées aux Européens si Moscou lui coupe le gaz.

Et les méthodes de la Russie qui "impose un joug" au Bélarus dans le seul but d’obtenir le contrôle de son réseau de gazoducs et "consolider au maximum ses ressources énergétiques ne feront qu’aggraver son image.

- Il y a peu, c’est la Géorgie, en guerre ouverte avec Moscou, qui a dû consentir à verser à Gazprom 235 dollars les 1.000 m3 de gaz pour éviter une coupure. Moscou a mené une politique dure mais cohérente à l’égard de ses voisins : soit la loyauté (...) en échange de faveurs économiques, soit l’indépendance au prix maximum.

lundi 1er janvier 2007
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