Le président polonais Lech Kaczynski ainsi que plusieurs autres hauts responsables du pays ont été tués samedi dans un accident d’avion près de Smolensk, dans l’ouest de la Russie, qui a fait au total 97 morts.
La délégation polonaise se rendait à Katyn, près de Smolensk, pour se recueillir sur les tombes de 22.000 officiers polonais exécutés il y a 70 ans, en avril 1940, par la police de Staline.
L’appareil s’est écrasé à 10H50 heure locale (06H50 GMT) près de la piste de l’aéroport militaire de Smolensk, après plusieurs tentatives d’atterrissage dans un épais brouillard, ont expliqué les Russes. Les pilotes de l’avion polonais ont été mis en cause par les autorités russes, le commandant adjoint de l’état-major de l’armée de l’air russe, Alexandre Aliochine, affirmant qu’ils avaient ignoré les instructions des aiguilleurs du ciel russes.
En s’approchant de la piste d’atterrissage, "l’avion a accroché des arbres, est tombé et s’est désintégré", a expliqué le gouverneur de la région de Smolensk, Sergueï Antoufiev.
Selon l’agence Interfax, les autorités russes ont proposé à l’équipage polonais d’atterrir à Minsk ou à Moscou en raison du brouillard, mais le pilote a décliné l’offre et tenté d’atterrir plusieurs fois près de Smolensk.
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, son homologue polonais Donald Tusk et Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du chef de l’Etat défunt, se sont rendus dans la soirée sur les lieux du drame. Les deux chefs de gouvernement, qui parlaient en russe, se sont donné l’accolade et ont rejoint les sauveteurs toujours à l’oeuvre sur le site, où un périmètre de sécurité a été établi et où des pompiers et des secouristes sont arrivés en nombre.
Larmes aux yeux, abattus, les Polonais étaient traumatisés samedi par la nouvelle de la mort du chef de l’Etat Lech Kaczynski et de hauts responsables polonais dans l’accident de l’avion présidentiel qui s’est écrasé le matin à Smolensk, dans l’ouest de la Russie.
Des milliers de Varsoviens, sont venus, accompagnés de ses amis, devant le siège de la présidence, dans le centre la capitale, pour rendre hommage au président Lech Kaczynski, mort à 60 ans.
Le chef de l’Etat était accompagné par son épouse, ainsi que par les principaux chefs de l’armée et des personnalités politiques de premier plan. Au total, 97 personnes ont péri dans cet accident sans précédent dans l’histoire de la Pologne.
Des centaines de personnes, ont apporté une gerbe de roses blanches et rouges, aux couleurs nationales de la Pologne. D’autres y ont allumé des bougies.
Tousq s’interrogent sur les causes de l’accident. "On ne sait pas ce qui s’est passé exactement, et il y a trop de gens ou de pays à qui ça profite".
Mais les théories de complot restent pour l’instant marginales. C’est la douleur qui prévaut.
"Le monde contemporain n’a pas connu de telle tragédie", a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk. "Il faut que tous les Polonais soient aujourd’hui ensemble, indépendamment de leurs opinions politiques".
"Face à cette énorme tragédie, nous sommes tous ensemble. Il n’y a ni droite, ni gauche. Il n’y a ni clivages ni différences. Tous ensemble, nous exprimons nos sentiments de compassion envers les familles des personnes qui ont péri près de l’aéroport de Smolensk", a déclaré le président de la Diète (chambre basse du parlement) Bronislaw Komorowski, 57 ans.
Selon la Constitution polonaise, c’est lui qui remplace le président décédé jusqu’à l’élection présidentielle anticipée, qui doit intervenir avant la fin juin. Ironie du sort, il est lui-même candidat favori pour cette élection.
Dans sa brève allocution à la presse, il a annoncé un deuil national d’une semaine. Le Premier ministre polonais a quant à lui annoncé deux minutes de silence dimanche à midi.
A travers tout le pays, des prières étaient dites et des messes célébrées.
"Nous prions pour notre patrie. Nous sommes confiants que le sacrifice de nos frères et soeurs portera de bons fruits, qu’il apportera la paix et la réconciliation de tous les Polonais", a déclaré le cardinal Stanislaw Dziwisz, lors d’une messe célébrée dans la cathédrale de Wawel, à Cracovie (sud).
Dans la soirée, le centre historique de Varsovie où est située le palais présidentiel était noir de monde ; des milliers de gens priaient dans les églises.
Ils se donnaient également rendez-vous par SMS sur la place Pilsudski, lieu habituel de grands rassemblements, dont des messes papales. "Rencontrons-nous en silence sur la place Pilsudski à 20H30. Soyons tous ensemble. Faites suivre ce sms", indique ce message.