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Le sommet UE-Ukraine à Kiev


M. Iouchtchenko et les Européens se sont accrochés sur le dossier gazier, une source de tensions entre Kiev et Moscou qui se répercute sur l’UE, dont un quart de la consommation de gaz provient de Russie, via l’Ukraine.

Le sommet entre l’UE et l’Ukraine à Kiev a été dominé par la frustration de part et d’autre, les Européens s’agaçant des carences des réformes dans cette ex-république soviétique, et les Ukrainiens se plaignant de la frilosité de Bruxelles.

"Je serai honnête, monsieur le président, il nous semble assez souvent que les promesses de réformes ne sont respectées que partiellement (...) et que les paroles ne sont pas toujours suivies d’actes", a lancé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso au chef de l’Etat ukrainien Viktor Iouchtchenko, selon des propos traduits en ukrainien.

"Nous sommes ici pour soutenir" l’Ukraine mais "non pour remplacer les efforts que les Ukrainiens doivent faire eux-mêmes afin de moderniser leur pays", a ajouté M. Barroso plus tard, lors d’une conférence de presse.

A l’approche de la présidentielle du 17 janvier 2010, les Européens ont appelé les dirigeants ukrainiens, embourbés dans d’incessants conflits politiques, à assurer la "stabilité" du pays et faire de leur mieux pour obtenir l’aide du Fonds monétaire international (FMI).

Frappé de plein fouet par la crise, Kiev a reçu en novembre 2008 un prêt du FMI de 16,4 milliards de dollars. Mais le Fonds hésite à débloquer la troisième tranche de ce crédit, l’Ukraine n’ayant pas mis en oeuvre une politique de rigueur et certaines réformes. L’UE a en conséquence gelé une aide de 600 millions d’euros.

De son côté, M. Iouchtchenko n’a pas caché son amertume à la suite de l’ajournement de la signature de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE, rejetant une part de responsabilité sur Bruxelles, qui espère conclure les négociations sur ce document en 2010.

"Le processus de réforme de l’UE a compliqué la prise des décisions stratégiques par les 27", a-t-il relevé. Et l’"absorption de nouveaux membres de l’UE n’est pas encore achevée", entravant la poursuite de l’élargissement.

"Il faut cependant que l’UE comprenne que nous avons tous une responsabilité pour que l’accord d’association devienne un exemple pour d’autres pays de la région sur leur voie vers l’intégration européenne", a dit M. Iouchtchenko.

S’il a reconnu que l’Ukraine n’avait pas tenu tous ses engagements auprès du FMI, le président a rejeté la faute sur gouvernement de sa rivale Ioulia Timochenko.

Ancien héros de la Révolution orange de fin 2004, Viktor Iouchtchenko, un pro-occidental, est candidat à sa propre succession. Mais il est largement distancé dans les sondages par son ex-alliée Timochenko, et le dirigeant de l’opposition Viktor Ianoukovitch, considéré comme étant plus favorable à la Russie.

M. Iouchtchenko et les Européens se sont également accrochés vendredi sur le dossier gazier, une source de tensions entre Kiev et Moscou qui se répercute sur l’UE, dont un quart de la consommation de gaz provient de Russie, via l’Ukraine.

"Nous ne devons pas être affectés par les problèmes que nous avons eus au début de l’année", a déclaré M. Barroso en référence au conflit gazier ukraino-russe, qui a provoqué une longue interruption des livraisons russes vers l’Europe.

M. Iouchtchenko a répondu en affirmant que Kiev déboursait chaque année 7 milliards de dollars pour assurer le transit du gaz. "Nous ne sommes pas en mesure" de le faire seuls, "nous devons trouver un compromis !" a-t-il lancé.

samedi 5 décembre 2009
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