Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a appelé dimanche à "jeter sur la décharge de l’Histoire" les monuments soviétiques avant de dénoncer l’impérialisme russe, alors qu’il inaugurait un musée dédié aux victimes de la police secrète de l’URSS, le NKVD.
"Des monuments à la gloire de chefs communistes qui méprisaient, haïssaient et exécutaient notre nation (...) se dressent encore dans nos villes et villages", a-t-il déclaré au sujet de statues qui existent toujours dans de nombreuses localités, à commencer par une effigie de Lénine à Kiev.
"Il est temps de débarrasser notre pays de ces symboles sataniques, d’envoyer enfin ces idoles communistes sur la décharge de l’Histoire", a lancé M. Iouchtchenko. Le président, un pro-occidental qui entretient des relations très difficiles avec la Russie, a ensuite lancé une charge à peine voilée contre Moscou, accusé de vouloir rétablir sa tutelle sur l’Ukraine.
"Nous ne permettrons pas une revanche des forces post-communistes et impérialistes", a-t-il martelé. M. Iouchtchenko s’exprimait lors de l’inauguration dans la région d’Ivano-Frankivsk (ouest) d’un musée sur l’exécution de centaines de prisonniers politiques par le NKVD en juin 1941, alors que les troupes de l’Allemagne nazie faisaient battre les forces soviétiques en retraite.
L’Ukraine et la Russie s’opposent sur plusieurs dossiers historiques, et notamment sur la grande famine orchestrée par Staline en 1932-1933 et que M. Iouchtchenko veut faire reconnaître comme génocide, quatre à dix millions d’Ukrainiens ayant trouvé la mort.
Moscou considère pour sa part que cette famine engendrée par une campagne de collectivisation forcée dans toute l’URSS ne visait pas les Ukrainiens en particulier.
La Russie accuse par contre Kiev de glorifier des nationalistes anti-soviétiques qui avaient combattu aux côtés des nazis durant la deuxième guerre mondiale