L’Ukraine est très dépendante de la Russie pour ses approvisionnements en énergie. Un sérieux conflit dans le domaine gazier entre les deux pays avait conduit en janvier 2006 à une brève interruption des livraisons vers l’Europe, la quasi-totalité du gaz russe destiné à l’Union européenne transitant par l’Ukraine. La situation n’a pas évolué depuis la visite en octobre du Premier ministre ukrainien Mme Ioulia Timochenko en Russie. La dette n’a non seulement pas diminué, mais a augmenté.
Les livraisons de gaz russe en Ukraine sont effectuées par l’intermédiaire d’une société russo-ukrainienne opaque, enregistrée en Suisse, RosUkrEnergo, au grand dam des autorités ukrainiennes. Mais Kiev et Moscou se sont mis d’accord pour passer à partir de 2009 à des livraisons directes, sans intermédiaires.
La compagnie gazière ukrainienne Naftogaz a pour sa part assuré jeudi n’avoir aucune dette envers Gazprom, mais devoir près de 1,26 milliard de dollars à la compagnie intermédiaire russo-ukrainienne RosUkrEnergo.
Le président russe Dmitri Medvedev a exigé cette semaine que l’Ukraine rembourse au géant gazier d’Etat russe Gazprom sa dette évaluée à 2,4 milliards de dollars par Moscou. "Kiev doit payer sa dette "de son plein gré ou par la contrainte".
"Nous ne voyons aucun progrès dans les relations avec la partie ukrainienne et nous ne sommes pas sûrs que nous verrons cet argent", a affirmé pour sa part M. Miller, le patron de Gazprom.
M. Miller a par ailleurs rappelé jeudi que le prix du gaz facturé à l’Ukraine pourrait être porté à plus de 400 dollars les 1.000 m3, contre 179,5 dollars actuellement, un niveau largement inférieur aux tarifs pratiqués à l’égard de l’Europe.
Dans le cadre du passage à des relations de marché dans le domaine des livraisons de gaz à l’Ukraine, le prix pourrait s’établir à plus de 400 dollars à compter du 1er janvier 2009.