Le président Iouchtchenko a suspendu en avril la vente de 99,52% de cette entreprise, un des plus gros producteurs d’engrais du pays, la jugeant contraire aux intérêts nationaux.
Mai le Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko a annoncé l’ajournement sine die de la privatisation d’une grosse usine chimique, prévue initialement mardi et à laquelle le président Viktor Iouchtchenko est catégoriquement opposé.
"Nous nous sommes mis d’accord" au sein du gouvernement pour "repousser la privatisation" de l’usine d’engrais d’Odessa (sud), a déclaré Mme Timochenko lors d’une conférence de presse retransmise en direct à la télévision.
Le Premier ministre a accusé au passage la présidence de favoriser la "corruption" et de vouloir "ruiner" la coalition au pouvoir entre le Bloc Timochenko et le parti présidentiel Notre Ukraine.
Mme Timochenko, qui souhaitait, selon les médias, utiliser les recettes de cette privatisation pour financer des programmes sociaux, a d’abord défié l’interdiction présidentielle et annoncé la vente de l’usine aux enchères mardi, avant de revenir finalement sur sa décision.
"Nous voulons protéger les gens visés par des enquêtes criminelles", a-t-elle expliqué. Le Parquet général, proche de la présidence, a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête pour "tentative de privatisation illégale" contre le chef par intérim du Fonds d’Etat chargé des privatisations Andri Portnov.
Ce proche de Mme Timochenko a été placé à la tête des privatisations par le gouvernement, mais la présidence n’a pas reconnu sa nomination.
En septembre 2007, le président avait déjà suspendu la vente de cette entreprise annoncée par le précédent gouvernement, dirigé par le Premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch.