Ce sarcophage, conçu pour remplacer la structure de béton construite à la hâte autour du réacteur numéro 4 accidenté le 26 avril 1986, et qui vieillit mal, doit être construit d’ici à 2012, ainsi qu’une unité de stockage de déchets radioactifs des réacteurs 1 à 3.
Le contrat du sarcophage, d’une valeur de 432 millions d’euros, a été attribué le 17 septembre dernier aux groupes français Bouygues et Vinci. Il s’agira de construire sur le site un coffre, qui sera ensuite glissé au-dessus du réacteur, et aura des dimensions de 105 mètres de haut, 150 mètres de long et 257 mètres de portée.
Le travail préparatoire "progresse" et un contrat de nettoyage du site et de creusement a récemment été attribué, a indiqué la BERD dans un communiqué à l’issue de son assemblée annuelle tenue à Kiev, la capitale ukrainienne. Ces travaux sont un préalable à la construction proprement dite.
Les projets finaux du sarcophage et de l’unité de stockage doivent être soumis au régulateur d’ici au printemps prochain.
L’actuel sarcophage a déjà fait l’objet d’importants travaux de stabilisation qui ont "considérablement réduit le risque d’effondrement", a noté la BERD.
Ce don est "un pas supplémentaire dans les efforts entrepris par la communauté internationale pour rendre sûr le site de Tchernobyl", un "catalyseur qui donnera un élan supplémentaire au financement" du projet.
La BERD a remarqué que malgré l’engagement du G8 l’an dernier en Allemagne, un "trou subsistait" dans le financement.
Les deux fonds de construction, financés par plusieurs dizaines de pays, sont administrés par la BERD, qui y participe elle-même directement pour la première fois.
Ce don est également une autre première pour la banque, qui a toujours depuis 1991 réaffecté l’intégralité de ses bénéfices à ses réserves.
En effet, ces 135 millions d’euros, ainsi qu’une participation de 115 millions d’euros à un fonds technique de soutien aux projets de la BERD également confirmée à Kiev, représentent environ 20% de ses bénéfices disponibles de 2007.
Ils sont la réponse trouvée par l’institution à la demande de certains actionnaires comme les Etats-Unis d’un versement de dividende aux pays et institutions actionnaires cette année, demande que les Européens avaient considérée comme contraire à la philosophie de l’institution.
La décision sur Tchernobyl n’a enregistré qu’un vote contraire lundi, celui de l’Australie qui a estimé que ce don servirait surtout à alléger la participation financière du G8 et de l’Union européenne, deux entités dont elle ne fait pas partie.
La Russie et le Belarus ont également voté contre les propositions financières de la banque, mais pour des raisons différentes.
La direction de la BERD doit visiter mardi le site de construction.