L’Union européenne aurait pu montrer plus de "courage" pour défendre l’Ukraine face à la Russie lors de la "crise du gaz" qui a opposé les deux pays l’hiver dernier, a déclaré le président ukrainien Viktor Iouchtchenko dans une interview parue lundi.
"L’Union européenne n’a pas eu le courage d’apporter une réponse plus forte à cette crise", a dit M. Iouchtchenko dans cet entretien accordé à plusieurs journaux européens, dont Der Tagesspiegel à Berlin.
La question des relations gazières entre la Russie, l’Ukraine et l’Union européenne demeure ultra-sensible trois mois après le grave conflit gazier de janvier, qui s’était traduit par deux semaines d’interruption totale des livraisons de gaz russe aux clients occidentaux de Gazprom desservis via l’Ukraine.
Le président Iouchtchenko, qui est à couteaux tirés avec son Premier ministre Ioulia Timochenko, aime à répéter que les accords qui avaient mis fin à la crise sont très défavorables pour son pays et doivent être révisés, laissant ainsi planer le risque d’une nouvelle "guerre du gaz".
Mercredi, Mme Timochenko a fait un pas vers la Russie en rencontrant à Moscou son homologue Vladimir Poutine, amorçant un rapprochement sur plusieurs dossiers dont celui du gaz.
Mais le président Iouchtchenko assure, dans l’interview parue lundi, qu’il "souhaiterait de meilleures relations" avec Moscou. "Cela dépend surtout de la Russie", souligne-t-il.
Les relations entre les deux pays concernant le commerce du gaz ne "sont pas assez régulées", selon le chef de l’Etat ukrainien, qui réclame que soit définie "pour plusieurs années, une politique de transit, incluant des quantités à livrer".