Grâce à un consensus entre les pro-russes et les pro-occidentaux, le Parlement ukrainien a dégagé 363 sur un total de 450 pour voter un dernier texte exigé par l’OMC, qui s’ajoute à une vingtaine de lois votées depuis 2005.
Ces documents visaient essentiellement à faciliter l’accès au marché ukrainien à des banques et des compagnies d’assurance étrangères, ainsi qu’à baisser des taxes d’importation sur certains produits.
Leur adoption n’a pas été facile, allant même jusqu’à susciter des bousculades parmi les députés dont une partie s’y opposaient sous prétexte de "défendre les intérêts du business national".
L’Ukraine a pratiquement complété l’harmonisation de la législation nationale avec les règles de l’OMC, une partie clef du processus d’adhésion. L’Ukraine s’est dotée de toute la législation nécessaire à son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC), un objectif clé que Kiev espère atteindre en février afin de développer son économie et de poursuivre son rapprochement avec l’Ouest.
En cas de conclusion positive, ce groupe "recommandera" l’adhésion au Conseil général de l’OMC, qui pourra prendre la décision définitive sur l’entrée de l’Ukraine lors de sa réunion en février 2007.
L’adhésion à l’OMC, dont 149 les pays membres brassent plus de 95% du commerce mondial, est un objectif crucial du président pro-occidental Viktor Iouchtchenko, qui espère soutenir ainsi l’économie nationale.
Un autre atout non-négligeable : une fois membre de l’OMC, Kiev pourra entamer les négociations sur la création d’une zone de libre-échange avec l’Union européenne, M. Iouchtchenko ayant fait de l’adhésion à l’UE une priorité stratégique.
Un dernier obstacle demeure toutefois sur la voie de Kiev avant l’adhésion, qui doit encore boucler ses négociations bilatérales avec le Kirghizstan.
Si Bichkek demande officiellement d’ouvrir le marché ukrainien à ses produits agricoles, des experts à Kiev jugent cette exigence "absurde" rappelant que les deux pays ont un régime bilatéral de libre-échange qui ne restreint aucunement les exportations kirghizes.
"La seule explication qu’on puisse avancer est que Bichkek agit à la demande de Moscou qui cherche à ralentir l’adhésion de Kiev", estime M. Vavrychtchouk. La Russie, qui négocie aussi son entrée dans l’OMC, a maintes fois appelé Kiev à "synchroniser" leurs adhésions.
Si l’Ukraine rejoint l’OMC avant la Russie, cette dernière devra encore signer un accord bilatéral avec les Ukrainiens, ce qui pourrait ne pas être facile dans le contexte de récentes tensions entre les deux pays. Les pays candidats à l’entrée dans l’OMC doivent signer des accords commerciaux bilatéraux avec chaque Etat membre.
L’arrivée au pouvoir de M. Ianoukovitch a toutefois pu partiellement apaiser les craintes de Moscou, estime M. Vavrychtchouk. "Le fait que son parti ait voté pour l’OMC fait penser à des accord informels, aux termes desquels l’Ukaine a promis de n’entraver aucunement l’adhésion de Moscou si elle est la première à devenir membre de cette organisation".