L’Ukraine va honorer sa facture gazière pour le mois de juin, mais pourrait connaître de nouvelles difficultés pour celle de juillet, a estimé vendredi le patron du géant russe Gazprom Alexeï Miller lors d’une conférence de presse à l’issue de l’assemblée générale du groupe.
Les Ukrainiens "vont payer pour les livraisons de gaz en juin", a-t-il déclaré.
"La situation du paiement en juin ne sera pas aussi grave que (celle) de mai et de juillet", a-t-il dit, précisant avoir eu des négociations avec son homologue du groupe ukrainien Naftogaz Oleg Doubina.
L’Ukraine paiera un peu moins de 300 millions de dollars en juin pour un volume de 1,1 milliard de mètres cubes de gaz, bien inférieur à celui (3,4 mds mètres cubes) qu’elle s’était initialement engagée à acheter. Malgré cette différence, les deux groupes ont convenu que Naftogaz ne se verrait pas infliger de sanction financière, a-t-il dit.
"Bien sûr, la situation du financement n’est pas simple, elle est lourde", a-t-il ajouté, soulignant que la situation financière de Naftogaz et de l’Ukraine et l’instabilité politique du pays représentaient un risque.
"Ces risques ne peuvent pas disparaître d’un seul coup, il faut penser à une approche systématique pour éviter une nouvelle crise", a-t-il souligné.
M. Miller a par ailleurs indiqué que l’Ukraine entendait sensiblement augmenter ses achats de gaz à partir de juillet, une baisse de tarifs étant attendue au 3è trimestre, et renflouer ainsi ses réservoirs de gaz. Cette tendance devrait se poursuivre en août et septembre, a-t-il dit.
Début janvier, les Européens avaient subi une longue interruption des livraisons russes au beau milieu d’un hiver rigoureux en raison d’un conflit entre Kiev et Moscou. Un quart du gaz consommé dans l’UE provient de Russie, dont 80% transitent par l’Ukraine.