Le dernière mauvaise nouvelle est venue de l’agence de notation financière Fitch qui a dégradé vendredi la note de la dette souveraine de l’Ukraine de ’B+’ à ’B’, et indiqué qu’une nouvelle baisse n’était pas exclue.
L’Ukraine fait face à un risque accru de crise bancaire et monétaire en raison de l’intensification de la pression subie par le système financier et des aléas croissants qui pèsent sur le succès de la mise en oeuvre du programme du FMI en Ukraine.
La veille, le ministre des Finances, Viktor Pynzenyk, avait présenté sa démission au Parlement, se disant "otage" de la situation politique dans le pays, en allusion à la rivalité entre le président Viktor Iouchtchenko et son Premier ministre Ioulia Timochenko.
L’Ukraine est l’un des pays européens les plus durement frappés par la crise financière. Selon Fitch, son Produit intérieur brut (PIB) du pays risque de reculer de 4,5% en 2009.
La Banque centrale a déjà dépensé un quart de ses réserves de devises (elles s’établissaient à 28,8 mds USD fin janvier selon Fitch) pour soutenir la monnaie nationale, le hrvynia, laquelle s’est néanmoins fortement dépréciée depuis le début de la crise.
Soucieux d’éviter une situation de défaut de paiement, le FMI avait donné son feu vert en novembre à l’octroi d’un prêt de 16,4 milliards de dollars à l’Ukraine, dont une première tranche a déjà été versée.
Mais le déblocage de la deuxième tranche se heurte à présent à la réalité politique du pays : les deux têtes de l’exécutif se livrent depuis des mois à une bataille rangée pour le pouvoir, alors que la prochaine présidentielle au cours de laquelle ils ont toutes les chances de s’affronter est attendue début 2010.
Le principal conflit du moment porte sur le budget 2009, qui prévoit dans sa version actuelle un déficit de près de 3% du PIB, alors que le FMI avait posé comme condition d’octroi du prêt un budget à l’équilibre.
M. Iouchtchenko juge ce budget "irréaliste", tandis que Mme Timochenko se refuse à tailler dans les dépenses sociales du gouvernement dans le contexte actuel.
"Le consensus politique nécessaire pour que l’Ukraine suive le programme proposé par le FMI est fragile", constate Fitch, tout en indiquant qu’il s’attend néanmoins à ce que la deuxième tranche (1,9 milliard de dollars) soit finalement débloquée, quoique sans doute "en retard".
M. Iouchtchenko et Mme Timochenko s’étaient également affrontés la semaine dernière sur une requête du gouvernement ukrainien auprès de la Russie pour un prêt de 5 milliards de dollars, initiative que M. Iouchtchenko a comparée à la signature en 1939 du Pacte Molotov-Ribbentrop entre l’URSS et l’Allemagne nazie.