Le 26 avril 1986 à 1H23 du matin, une explosion retourne la dalle de béton du quatrième réacteur de la centrale ukrainienne de Tchernobyl. C’est la catastrophe. Le directeur de la centrale, les ingénieurs et les pompiers présents au moment du drame feront revivre l’enfer nucléaire.
Et la dispersion durant des journées d’un nombre incalculable de radioéléments radioactifs mortels. Pendant une dizaine de jours le combustible nucléaire se répandra dans l’atmosphère, contaminant les trois quarts de l’Europe et touchant des dizaines de millions d’habitants. Avant tout, les régions voisines de l’Ukraine, du Belarus et de la Russie. mais les vents d’altitude se chargèrent de transporter les nuages radioactifs au-dessus des Balkans, de l’Italie, de la France, de la Grande Bretagne et de l’Irlande, selon un immense arc de cercle.
Selon les spécialistes, les quantités radioactives rejetées ont été équivalentes à 200 fois celles de la bombe d’Hiroshima. Les travaux de confinement permirent finalement de juguler les effets de la réaction en chaine et le réacteur N° 4 fut emmuré dans un véritable sarcophage en béton. Selon les autorités soviétiques de l’époque, il n’y eut que 31 morts et 250 blessés. Mais ces chiffres sont depuis lors battus en brèche et l’on parle d’une fourchette de 15.000 à 30.000 morts au moins. Sans compter les dizaines de milliers de personnes irradiées. Il est même question de plus de deux millions d’Ukrainiens dont au moins 500.000 enfants qui seraient atteints de divers troubles liés aux radiations. Les cancers de la thyroïde se sont multipliés non seulement dans les zones directement contaminées mais encore sur toute la surface de passage du nuage radioactif.
Le dernier réacteur de la centrale de Tchernobyl a été arrêté le 15 décembre 2000 grâce à l’aide internationale qui a apporté plus de deux milliards de dollars de subventions aux autorités ukrainiennes à la condition de fermer définitivement le site. Mais le sarcophage du réacteur N° 4 est fissuré et l’avenir est incertain pour toute la région, contaminée pour longtemps encore.