Viktor Ianoukovitch avait déjà menacé d’appeler à une présidentielle anticipée si Viktor Iouchtchenko ne revenait pas sur sa décision. "Non seulement des élections législatives anticipées mais aussi une présidentielle anticipée sont inévitables", a déclaré M. Ianoukovitch, devant plusieurs milliers de ses partisans réunis en face du Parlement, en soulignant que la décision présidentielle était plus dirigée "contre le peuple ukrainien".
Après des mois de conflit entre les formations politiques des deux hommes, M. Iouchtchenko, avait signé le décret de dissolution du Parlement et ordonné la tenue d’élections législatives anticipées le mois prochain.
Mais le Parlement, contrôlé par la coalition formée par M. Ianoukovitch, a adopté en urgence une résolution proclamant que ce décret présidentiel ’portait’ tous les signes en direction d’un coup d’Etat’, en interdisant au premier ministre de débloquer les fonds nécessaires au financement de la campagne électorale.
Entre 2 000 et 3 500 partisans pro-russes sont descendus dans les rues de Kiev afin de protester contre l’annonce de la dissolution.
La balle est désormais dans le camp de la Cour constitutionnelle, arbitre de cette nouvelle crise politique. Saisie par des parlementaires alliés à Ianoukovitch, elle doit statuer sur la dissolution du Parlement d’ici à un mois. La campagne officielle des législatives anticipées s’est ouverte. Mais le premier ministre M. Ianoukovitch a réaffirmé qu’il ne tiendrait pas compte du décret présidentiel tant que la Cour constitutionnelle n’aura pas statué. M. Ianoukovitch a assuré qu’il respecterait la décision de la juridiction suprême, quelle qu’elle soit