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Arseni Iatseniouk attend la présidentielle ukrainienne de 2010


Le sourire facile, en costume cravate impeccable derrière des lunettes à la mode, il évite de dire clairement s’il sera candidat pour la présidentielle.

Il enchaîne voyages à Bruxelles, Washington et Moscou, explique comment sortir l’Ukraine de la paralysie politique et de la crise économique : Arseni Iatseniouk, étoile montante de la politique ukrainienne, se prépare visiblement à briguer la présidence en janvier 2010.

Il n’a pas encore 35 ans, l’âge requis pour être candidat, mais comme il l’explique avec le sourire, "j’aurai 35 ans pour sûr le 22 mai prochain". Juste à temps pour la campagne qui "commence officiellement dans trois mois", avant l’élection attendue le 17 janvier 2010.

En attendant, M. Iatseniouk, qui fut quelques mois ministre des Affaires étrangères, entretient à l’étranger contacts et soutiens qui pourraient s’avérer précieux pour sortir l’Ukraine de la grave crise économique dans laquelle elle est plongée.

Crise qui n’a fait que renforcer l’impression d’un pays ingouvernable, déchiré entre courants pro-russes et pro-européens et où le président Viktor Iouchtchenko et le Premier ministre Ioulia Timochenko ne cessent de se couper l’herbe sous le pied.

Leurs guerres incessantes semblent faire le jeu de M. Iatseniouk dont la popularité monte en flèche ces derniers mois, le propulsant en troisième position parmi les candidats les mieux placés pour la présidentielle, derrière le leader des pro-russes Viktor Ianoukovitch et Mme Timochenko.

Vendredi, il a rencontré à Bruxelles le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg, dont le pays préside actuellement l’Union européenne, le diplomate en chef de l’UE Javier Solana, le commissaire européen à l’Elargissement Olli Rehn.

Il participera samedi à un grand forum diplomatique et en profitera pour rencontrer le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Bientôt, dit-il, il sera à Washington - sans pouvoir dire encore qui le recevra - et aussi à Moscou.

Le sourire facile, en costume cravate impeccable derrière des lunettes à la mode, il évite de dire clairement s’il sera candidat pour la présidentielle.

Le curriculum vitae de cet ex-banquier diplômé de l’université de Tchernivtsi (ouest) en droit et en économie reflète l’instabilité de l’Ukraine depuis la Révolution orange.

Depuis 2005, il a enchaîné les fonctions officielles pour terminer au perchoir du Parlement en 2008, avant de lancer son mouvement Front du changement, qui compte 10.000 membres aujourd’hui.

Certains l’accusent toutefois de briller surtout par sa rhétorique.

Mais il souligne que tout candidat devra "être conscient de la charge qui lui incombera après l’élection", et avoue indirectement chercher des "façons de sortir de la crise" en écoutant "les discours radiophoniques du président (américain) Franklin Roosevelt en 1933".

Le futur président ukrainien, prévient-il, devra convoquer des élections législatives anticipées, obtenir une majorité au Parlement "sinon nous aurons les mêmes conflits politiques qu’aujourd’hui", et être "politiquement souple pour arriver à un consensus de la société".

Il devra aussi présenter "un plan d’action clair pour cinq ans" et "prendre petit à petit des mesures pour améliorer la situation politique et économique" afin de montrer "à nos partenaires européens et russes que les choses avancent dans la bonne direction" et "restaurer la crédibilité de l’Ukraine".

L’Ukraine, insiste-t-il, "doit se doter d’une nouvelle génération d’hommes politiques", car la génération actuelle - il ne cite personne - "a encore dans son coeur l’époque soviétique". Une nouvelle génération qui veut des relations "de respect" avec la Russie et dont il fait évidemment partie.

mardi 24 mars 2009
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