Alexandre Mossolov a écrit le Concerto pour piano et orchestre No 1 en 1927. Exécuté pour la première fois en 1928 à Leningrad, sous la direction de N. Malko, avec l’auteur au piano, c’est le premier exemple dans la musique soviétique de concerto anti-romantique, six ans avant le premier concerto pour piano de Chostakovitch.
Dans l’URSS des années vingt, les œuvres de jeunesse de Mossolov étaient souvent jouées, comme Zavod, " Fonderies d’acier " pour orchestre symphonique qui lui assure dès 1927 la célébrité et qui devient un symbole de l’industrie soviétique. Le public apprécie Alexandre Mossolov pour ses œuvres de piano qui font penser à Scriabine, empreintes de couleurs sombres qui reflètent le climat tragique des années de guerre pré-révolutionnaires.
Une cassure se produit en 1926. L’écriture pianistique se débarrasse soudain des langueurs ténébreuses et fait surgir des sonorités nouvelles sans pédale, dures et sèches, inspirées des œuvres de Stravinsky et de Prokofiev. La sonate pour piano était son genre de prédilection. Mossolov en écrit cinq, alors qu’il n’est pas sorti du Conservatoire de Moscou où il est l’élève de Glière et de Miaskovski en composition, de Prokofiev en piano de 1921 à 1925.
Dès 1924, Mossolov écrit des œuvres qui portent la marque de style avant-gardiste occidental avec des recherches sur le traitement des timbres et sur l’intonation. Il est l’auteur d’un autre quatuor à cordes, de deux concertos pour piano, d’un concerto pour violoncelle, d’une Rhapsodie Kirghize, pour mezzo-soprano, chœurs et orchestre, de six symphonies, d’une Suite Turkmène, de Trois pièces lyriques pour alto et piano et de trois opéras. En 1936, Mossolov, pourtant l’un des meilleurs représentants de la Nouvelle Russie, est accusé de formalisme et exclu de l’Union des Compositeurs.